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Animer une politique volontarisme d’éducation populaire aux sciences et par les sciences !

vendredi 19 octobre 2012 / libellé : Sciences et société par Antony Auffret / Coordinateur DV et innovation

Contribution nationale aux Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche - 19 Octobre 2012

Rédigée à l’initiative d’un collectif d’associations d’éducation populaire composé de l’Association française des Petits Débrouillards, l’Association française d’astronomie, de la Fédération nationale des Francas, de Planète- Sciences. (D’autres mouvements d’éducation populaire sont sollicités pour co signer cette contribution).

L’éducation aux sciences et par les sciences a toute sa place dans les Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche.

A l’occasion des Assises, notre collectif propose une contribution commune pour une politique d’éducation populaire aux sciences et par les sciences. Cette contribution collective pourra être complétée par des contributions spécifiques. Depuis plus de 50 ans, de multiples actions éducatives en direction du plus grand nombre - et particulièrement des jeunes - aux sciences et par les sciences sont développées et encouragées sur le terrain dans des cadres scolaires, extra-scolaires ou périscolaires, par des associations (généralistes, thématiques ou spécialisées) qui partagent et défendent les valeurs de l’éducation populaire. Leur essor depuis les années 80 jusqu’aux années 2000 est lié aux besoins de plus en plus forts des enfants, des adolescents et des jeunes, aux mutations technologiques de la société (technologies de l’information, éveil au développement durable) et à l’affirmation exprimée par la société civile (partage des savoirs, expertise citoyenne) que les rapports de tous nos concitoyens aux sciences et aux technologies sont des enjeux culturels essentiels.

Le rôle essentiel et l’importance de ces actions menées par les acteurs de l’éducation populaire sont, depuis quelques années, nettement moins valorisés que ceux de dispositifs plus institutionnalisés qui se définissent par le terme de plus en plus galvaudé et imprécis de « culture scientifique, technique et industrielle » (CSTI). Cet intitulé est utilisé aujourd’hui d’un point de vue strictement institutionnel, au profit de structures d’accueil ou muséales qui s’en proclament « acteurs de référence », véhiculant surtout une vision consumériste et descendante de la Science.

Nos mouvements ne considèrent pas qu’il y ait dans la société, d’un côté les scientifiques, détenteurs monopolistiques du pouvoir de savoir et de la « bonne » façon de chercher ; et de l’autres des profanes, presque uniquement réduits à nourrir des opinions subjectives. Nous affirmons au contraire que la qualification de « scientifique » ne doit pas être réduite à désigner une catégorie de personnes, mais doit aussi être vue et promue comme une perspective accessible à tous, un moyen pour toutes et tous de regarder et d’interroger leur environnement, de résoudre des problèmes aussi bien à l’échelle individuelle que collective.

Voir notre appel : http://montsouris.org

La « nouvelle gouvernance de la CSTI » proclamée récemment illustre ce décalage : elle a été présentée comme un passage obligé qui coordonne et contrôle dorénavant toutes les interventions de l’Etat concernant la transformation des rapports entre la science et la société, alors qu’elle n’a justement été pensée que dans une perspective de « diffusion de la CSTI ». De fait, sa mise en place a ignoré les mouvements d’éducation populaire comme l’ensemble des acteurs sociaux travaillant à encourager de nouveaux rapports aux seuls savoirs experts, alors qu’ils représentent à la fois plus de personnes touchées et d’emplois créés sur le territoire que toutes les institutions officielles dites « de CSTI ».

Un message à l’occasion des assises :

Aujourd’hui, le projet gouvernemental est d’opérer, par le biais des Assises, une rénovation de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous pensons que la question de cette « gouvernance de la CSTI » concerne ces Assises et qu’il va être nécessaire de repenser ce schéma. Il faudra reconnaitre le rôle primordial des associations et réseaux d’éducation populaire dans leur action vers tous les publics tout au long de la vie, et en particulier pour faire accéder à l’éducation par les sciences des populations qui en sont aujourd’hui éloignées (zones rurales isolées, quartiers enclavés, publics éloignés,...) ; elles représentent une force vive sur le terrain, un acteur de l’économie sociale et solidaire, un élément d’animation de la vie sociale et citoyenne au plus près des populations.  La mise en place d’une « gouvernance nationale » de ces politiques d’éducation aux sciences et à la recherche, doit en tout état de cause favoriser la coordination entre les associations citoyennes et les institutions dans une optique de schéma directeur centré sur la complémentarité dans les actions et la synergie entre les initiatives (professionnalisation et passerelle pour les nouveaux métiers d’animateurs, impact socio-économique local en termes d’emplois dans le secteur non marchand...) ; en tenant compte du fait que les enjeux autour de la démocratie scientifique interroge l’Etat dans sa diversité, nous soutenons l’idée de placer la politique de l’éducation par et pour les sciences dans l’inter ministérialité, associant tous les territoires de la République. Cette gouvernance doit être partagée entre des choix politiques nationaux : d’organisation et de répartition des budgets vers tous les acteurs, de valorisation des ressources, des politiques incitatives, et des politiques locales au niveau des toutes les instances ainsi qu’une meilleure articulation européenne, au-delà des réseaux muséaux.

Concrètement nous préconisons :

1/ Une redéfinition concertée entre les niveaux territoriaux et nationaux des politiques des pouvoirs publics en matière de rapports aux sciences des citoyens, en envisageant cette question de manière plus ouverte que comme une seule question de « diffusion de la CSTI ».

2/ Un renforcement des appuis aux réseaux d’actions territoriales au plus près de la vie des enfants, des adolescents, des jeunes et de tous les habitants par des moyens structurels pour les associations qui ont le souci d’éduquer/sensibiliser aux sciences (pédagogie active, expérimentation) et d’éduquer/former par les sciences et par la recherche (accès à la citoyenneté, esprit scientifique, esprit critique, culture de l’initiative, de l’esprit d’entreprendre) non seulement les futurs chercheurs, mais surtout tous les autres.

3/ L’encouragement par les pouvoirs publics de l’engagement citoyen auprès des associations sous la forme de cursus doctorants, de parcours d’engagement, de services civiques, d’emplois d’avenir et de reconnaissance des acquis de la médiation scientifique (VAE).

4/ L’encouragement des liens et des partenariats entre Associations, organismes de recherche et universités au service de cet objectif d’éducation populaire aux sciences et par les sciences.

Contacts :

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