Dans le cadre d’un partenariat avec les centres de vacances CCAS d’EDF, les petits débrouillards Bretagne organisent et animent cet été, une petite vingtaine de café des sciences sur le thème de la biodiversité.
Mercredi 11 Août 2010, nous étions au camping CCAS de la Richardais avec Anne Atlan, chargée de recherches au CNRS de l’Université Rennes 1. Ses travaux consistent, depuis une dizaine d’années, à étudier le phénomène des invasions biologiques et plus particulièrement les problèmes posés par l’ajonc dans plusieurs pays à travers le monde.
Les espèces invasives sont des plantes ou des animaux, brutalement déplacées de leurs milieux d’origine vers un écosystème où elles sont naturellement absentes.
En ouverture, Anne Atlan demanda à chacun de citer une espèce introduite en France. Furent citées l’écrevisse américaine, le ragondin, la crépidule, la renouée du Japon, le silure… mais aussi le cas des algues vertes.
La discussion porta ensuite sur les effets de ces pullulations. L’une des premières choses à noter est que l’introduction d’espèces invasives dessine une courbe exponentielle depuis environs 5 siècles (depuis la découverte des Amériques par Christophe Colomb). Cette augmentation est la conséquence directe de l’accroissement des transports de marchandises d’un continent à un autre, mais également du nombre de voyageur autour du globe.
L’homme se trouve donc contraint d’en supporter aujourd’hui certains mauvais effets. Ces invasions d’espèces indigènes ont ainsi un impact économique : soit qu’elles diminuent fortement les quantités produites (agriculture, aquaculture), soit qu’elles dégradent notre environnement (berges des rivières, toxicité de certaines espèces...). D’un point de vue écologique, une autre conséquence importante est l’érosion de la biodiversité des milieux envahis.
Nous avons donc essayé de comprendre les raisons de ces envahissements. Les premiers éléments présentés par Anne Atlan sont les « conditions d’accueil ». En effet, plus le milieu est dégradé, instable, mais aussi isolé (exemple des îles), plus il est susceptible d’être envahi. Cependant un constat à été fait : toutes ces espèces dites envahissantes ne posent aucun problème dans leurs milieux d’origine. On peut alors se demander pourquoi elles pullulent dans d’autres milieux ? Après une dizaine d’années de recherche, il n’y a toujours pas de réponse aujourd’hui, mais une hypothèse, qui est largement répandue. Quand les espèces invasives sont transportées, elles n’ont plus leur environnement composé de prédateurs, maladies et autres qui jouent un rôle de régulateur.
Beaucoup de choses restent donc à découvrir…
Rédacteur : Mathieu Pierrot.
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